Le directeur de publication de l'Ouest républicain, Michel Mombio, enlevé à Bafoussam et déporté à Yaoundé. C'était jeudi dernier, 04 septembre 2008.
 
   
02/03/2007
Cameroun
Au départ d’une traversée maritime où tout peut arriver
  
 
Au Cameroun, on appelle ce légume: “nkog” ou “éro”, et au Nigéria, on l’appelle “Okassi”. Ce légume très prisé est au centre des transactions trois jours par semaine (mardi, jeudi et dimanche), au port maritime d’Idenau, qui déborde alors d’activités. Ici, Camerounais, Nigérians, Equato-Guinéen et Ghanéens s’affairent pour embarquer des cargaisons de ce légume de même que du poisson fumé et autres vivres, en partance pour Oron, Calabar, Lagos, Malabo et Accra.

Le port d’Idénau, à l’extrême sud-ouest du Cameroun, près de Bakassi, malgré sa petitesse, illustre ainsi l’intensité des échanges commerciaux maritimes entre le Cameroun et les pays voisins. Même au plus fort du conflit armé Cameroun - Nigeria à Bakassi, ce port a toujours connu cette effervescence autour du « éro ». Mais le problème avec ce port de second rang, comme bien d’autres tel que le port de Tiko, c’est la sécurité des personnes et des biens transportés, parfois mise à mal par des embarcadères de fortune ou des transporteurs sans scrupule.

Suite à de nombreux accidents en mer ayant causé ces derniers temps de nombreuses pertes en vies humaines (27 morts en janvier dernier) et en biens matériels, les autorités camerounaises exigent le respect des règles de sécurité : boussole, assurances, bon état des pirogues et surtout des gilets de sauvetage pour les personnes transportées.

Mais si Manette, jeune mère en partance pour Lagos dispose d’un gilet de sauvetage au départ d’Idenau ce jour, sa sœur, elle, n’en a point. Elle a néanmoins prévu une vessie de roue de voiture pour s’en servir comme radeau de sauvetage en cas d’un éventuel naufrage avant les 4 heures de temps que durera la traversée de l’Océan Atlantique. Pour Martin Essemembo, contrôleur de navigation, la vessie est aussi efficace en cas de naufrage. Mais selon David Kemetcha, chargeur et président des chargeurs d’Idenau, nombre de transporteurs ne paient pas les assurances et prennent la mer sans boussole.

Le président des chargeurs reconnaît toutefois que les activités sont prospères depuis le début de l’année à Idenau. Car autant on exporte toujours un peu plus les vivres vers le Nigeria et les pays voisins, autant on y importe des produits manufacturés tels que les chaussures, les gobelets et autres récipients en plastique fabriqués au Nigeria. Des produits qui arrivent bon marché au Cameroun, et concurrence les produits chinois qui leur ont quand même ravi la vedette ces dernières années.
  
Date :  02/03/2007
Auteur :  Henri Fotso, Envoyé Spécial à Idenau
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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