Le directeur de publication de l'Ouest républicain, Michel Mombio, enlevé à Bafoussam et déporté à Yaoundé. C'était jeudi dernier, 04 septembre 2008.
 
   
06/09/2008
Cameroun
Le directeur de publication de l'Ouest républicain entre les mains de la gendarmerie
  
 
   
Jeudi 4 septembre aux environs de 11 heures, des gendarmes ont fait irruption au siège du journal L’Ouest Républicain à Bafoussam. Ils ont enlevé et conduit manu militari vers Yaoundé, à plus de 300 km de là, le directeur de publication Michel Mombio. Depuis jeudi donc, le journaliste est gardé à vue au centre de recherche judiciaire du Secrétariat d’Etat à la défense à Yaoundé, célèbre pour avoir servi de lieu de passage de nombreux dignitaires du régime aujourd’hui en prison. Jusqu’à tard la nuit dernière, Michel Mombio n’avait pas encore été entendu sur procès verbal, affirme François Kemegne, un membre de sa famille qui l’a vu pour la dernière fois à 20 heures.

Mais, précise François Kemegne suite à des échanges qu‘il aurait eus avec des gendarmes ayant participé à l’enlèvement du journaliste, madame le ministre de la recherche scientifique et de l’innovation, Madeleine Tchuenté, serait la commanditaire de cette interpellation accusant le journaliste de diffamation, de menace et chantage. Les ennuis du directeur de publication de l’Ouest Républicain auraient commencé le 1er septembre dernier quand il a été délogé du local abritant la Maison de la presse, association de journalistes basée à l’Ouest du Cameroun et dont il est le promoteur. Ce local de la Maison de la presse se trouvait à l’intérieur du siège provincial du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) du président Biya.

Dans un article paru jeudi, quelques heures avant l’interpellation du journaliste, le quotidien camerounais Le Messager avait interviewé Michel Mombio qui affirmait que dans le N°50 de l’Ouest Républicain, un article avait été commis concernant madame le ministre de la recherche scientifique qui aurait provoqué sa colère. Le secrétaire particulier de Madeleine Tchuenté, joint alors au téléphone par Le Messager, aurait affirmé que la ministre n’avait rien à voir avec cette fermeture, avant de préciser: « Monsieur Mombio passe son temps à proférer des injures contre la ministre de la recherche scientifique et de l’innovation...».

Parlant au téléphone depuis Bafoussam où elle est restée s’occuper de leurs enfants, Pascale Mombio, l’épouse du journaliste, s’est montrée vendredi très préoccupée par la situation de son mari qui n’était pas en bonne santé au moment de son enlèvement jeudi.Pascale Mombio a ajouté que les responsables de la gendarmerie rencontrés à Bafoussam après l'enlèvement de son mari ont affirmé n'avoir pas été au courant de cette opération inédite à l'Ouest du Cameroun.






  
Date :  06/09/2008
Auteur :  Henri FOTSO
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

aic, l'écho de l'Afrique profonde ...
votre partenaire pour le développement humain.