Le directeur de publication de l'Ouest républicain, Michel Mombio, enlevé à Bafoussam et déporté à Yaoundé. C'était jeudi dernier, 04 septembre 2008.
 
   
07/09/2011
Cameroun
Vers une élection présidentielle sans code électoral ?
  
 
   

Pour la quatrième fois en 20 ans de démocratisation, les Camerounais pourraient aller aux urnes pour une élection présidentielle en octobre prochain. Même si aucune date précise n’est encore annoncée à presque un mois de la fin des inscriptions sur les listes électorales, l’échéance du scrutin mobilise déjà dans les états major des partis politiques, au sein des populations aussi. Le point de notre Correspondant depuis Douala, Henri FOTSO.

Déjà une dizaine de candidats déclarés pour la prochaine présidentielle camerounaise, alors que les grands Partis que sont le Rdpc de Paul Biya et le Sdf de John Fru Ndi gardent le supens. Pour un électorat potentiel d’environ neuf millions de personnes, l’organisme en charge des élections, Elecam, annonce par ailleurs le chiffre de 7 024 000 inscrits dans le fichier électoral. Soit une fois et demi le nombre d’électeurs inscrits lors de la présidentielle d’octobre 2004. Mais pour nombre de camerounais dont l’écrivain pluridisciplinaire Parfait Sipowa, l’élection présidentielle ne résoudra aucun problème si l’on y va dans l’état d’esprit actuel marqué par des rancœurs tous azimuts :
« Je ne peux pas m’inscrire sur une liste électorale, parce que je me demande à quoi vont servir ces élections-là. Depuis 1992 qu’on organise les élections au Cameroun, ça a apporté quoi ? On va de mal en pis. »

Selon le politologue Aboya Manasse de l’Université de Douala, un consensus est nécessaire autour d’un code électoral avant toute élection. Mais, martèle-t-il, le Cameroun ne dispose pas encore d’un code électoral, mais plutôt d’un ensemble de textes disparates difficiles à assembler et par les électeurs et par les candidats. Ainsi évoque-t-il la loi de 1991 sur la présidentielle, la loi de 1992 sur la suppléance à la présidence de la République, la loi de 2066 sur Elecam elle-même modifiée en mai 2011, et bien d’autres textes:
« Cela est entretenu pour empêcher justement aux éventuels partis politiques d’avoir une connaissance précise, concise, sur ce qui est attendu en matière d’organisation d’un scrutin comme celui qui est attendu éventuelle en octobre prochain. »

La résurgence de la question d’un consensus politique national et de l’absence d’un code électoral unique au Cameroun désenchante pas mal de citoyens de l’intérieur comme de la diaspora. Une diaspora cependant appelée pour ceux qui auront une carte consulaire, et c’est une avancée, à voter dans des ambassades et consulats du Cameroun à l’étranger.


  
Date :  07/09/2011
Auteur :  Henri FOTSO
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

aic, l'écho de l'Afrique profonde ...
votre partenaire pour le développement humain.