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07/09/2011
Cameroun
Rencontre avec l'homme blanc de Douala, un modèle de citoyen dans une Afrique en crise
  
 
   

« Mon père m’a nommé Koum Dieudonné, mais l’humanité aujourd’hui m’appelle «L’Homme en blanc » … Bref, je me mets en blanc pour démontrer que si vraiment il y a un voleur habillé en blanc, que les enfants se disent que ceux qui se mettent en blanc sont de très grands voleurs. Mais comme on n’a jamais attrapé un voleur tout de blanc vêtu, je continue de dire aux gens, surtout aux jeunes, de comprendre qu’il faut avoir une ligne de conduite qui tire vers la régularité, la loyauté et la rectitude morale ».

« L’Homme en blanc » est bien connu à Douala depuis les années 90, pour son engagement dans le bouchage des nids de poules et le curage des caniveaux. A l’origine travailleur solitaire, il va fonder dès 1995 l’association « Mieux Vivre », qui, affirme-t-il, compte aujourd’hui quelque 250 membres dont beaucoup de jeunes répartis dans différents quartiers de la capitale économique du Cameroun. Dieudonné Koum ou « L’Homme en blanc » décline ses motivations :
« Dans un pays en voie de développement, il y a beaucoup à faire. Je m’implique, j’insiste, j’attire l’attention de tous qu’il est souhaitable que nous tenions nos quartiers propres afin de pouvoir voir la malaria, la dysenterie, voire le choléra qui est en train de sévir, aller loin… Donc servir, je crois qu’il n’y a rien de plus noble que de le faire»

Au début de ses activités sur la voie publique, « L’Homme en blanc » se contentait des subsides lancés par les automobilistes. Mais depuis la création de l’association «Mieux Vivre», « L’Homme en blanc » monte des projets de nettoyage et d’entretien des caniveaux dont certains sont financés par la Communauté urbaine de Douala. Les habitants reconnaissent qu’il est à l’origine du projet municipal de curage des rigoles en chaque veille de saison des pluies, comme c’en est le cas présentement et jusqu’en juillet prochain, en principe :
« Oui, « L’homme en blanc » est un modèle de citoyen. Il a passé des années à boucher les trous sur les routes à mains nues, et aura même inspiré le nettoyage saisonnier des caniveaux à Douala.»

L’association de « L’Homme en blanc » a pris du galon en 16 ans. Elle est désormais en liaison avec une Ong européenne (l’Alliance pour un monde responsable, solidaire et pluriel), et une autre américaine (Global Youth Service of America). Ce qui lui a permis, affirme-t-il fier de lui, de rencontrer l’ex-président américain Bill Clinton, et même Barack Obama, avant que celui-ci devienne président des Etats-Unis :
« Le Global Youth Service of America, je suis membre là dedans. On me permet par exemple toutes les deux années d’assister à l’Assemblé générale. Vous savez, c’est ça qui a conditionné presque tout le monde. Vous allez trouver que les neufs derniers présidents des états unis d’Amérique ont tous été membres du Global Youth Service of America. Ce qui fait que Clinton, on a eu à se retrouver. Et même le président Obama, quand il fallait faire des trucs au Darfour, on s’est retrouvé en 2006 au Darfour quand il était sénateur. »

« L’Homme en blanc » a 55 ans cette année 2011. Mais il fait moins que son âge, dit-il, à cause de son hygiène de vie assez rigoureuse. Une vie qu’il gagne en servant l’humanité dans la ville de Douala, reconnaît cette habitante:
« Je pense que les autorités de cette ville devraient avoir plus de considération pour lui, et savoir comment le récompenser. Car il devra bien prendre sa retraite un jour. »

Approchée, le responsable de la communication de la Communauté urbaine de Douala n’a pas voulu s’exprimer sur cette question, ni requérir l’avis du délégué du gouvernement.


  
Date :  07/09/2011
Auteur :  Henri Fotso
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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