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CAMEROUN : IL NE RESTERAIT PLUS QU’ENVIRON 250 PYGMEES BEDJANG !

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◊  ACTUALITE > Culture > → CAMEROUN : NOTRE DERNIER SHOW AVEC PAPA WEMBA

Ce jour-là, je travaille dans les coulisses. Je travaille dans les coulisses parce que le Comité musical de lutte contre la piraterie (CMLCP) du Cameroun a reçu la mission du pétrolier Bocom de créer l’événement devant marquer l’ouverture solennel de la salle des fêtes de son complexe de Douala – Yassa : une salle d’environ 1500 places assises, qu’il faudra remplir d’un public sélect, y produire un spectacle live inédit mais légendaire. Dans ces coulisses du Complexe Bocom de Yassa, sont présents Kouokam Narcisse, Prince Afo Akom, Les Têtes Brûlées (Mengala Joss et Atebass), Prince Ndédi Eyango, Sam Fan Thomas et aux manœuvres, un certain Maréchal Papillon. Mais il manque à l’appel Chantal Ayissi et… Papa Wemba. Ces deux doivent pouvoir arriver dans les loges avant que le gouverneur de la région du Littoral et le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala, n’arrivent au Complexe Bocom.

Ce jour-là, il est 19h30. Le président du Comité musical de lutte contre la piraterie me dit : « Henri Fotso, va chercher Papa Wemba et Chantal Ayissi ». Les deux sont logés à l’Hôtel Serena du quartier Bali. Sans motard, sans escorte, le chauffeur et moi devront défier les embouteillages de fin de journée sur la « pénétrante Est » de Douala en chantier, et revenir avec Chantal Ayissi et Papa Wemba en moins d’une heure de temps. Un coup de fil est passé à l’hôtel pour prévenir nos deux illustres invités qui manquaient dans les loges.

Décollage de vitesse, dépassements à droite comme à gauche, doubles clignotants, jeux de phares, accélérations, patinages, mon chauffeur me dit : « boss, je sais conduire comme toi ! » En moins de trente minutes, nous arrivons à Bali. Papa Wemba est déjà dans le salon VIP. Mais Chantal Ayissi est encore dans sa chambre. Normal, le maquillage des femmes prend toujours un peu plus de temps, surtout quand il s’agit de se faire produire en « spectacle spectaculaire », pour ne pas emprunter le style à Maréchal Papillon. Pendant le petit temps d’attente, une sœur, une cousine, et une amie de Chantal se joignent à nous. Le protocole privé de Papa Wemba est constitué de l’un de ses frères, d’un pasteur congolais vivant au Cameroun, d’un autre Congolais nommé Fofana, et d’un fan drapé aux couleurs de la Rdc (voir photo ci-dessous).

Finalement, Chantal Ayissi arrive à nous. Le cortège est constitué de trois véhicules, et à 20h30, nous arrivons à Yassa. Pendant que Papa Wemba et Chantal Ayissi sont conduits dans les loges, nous entendons les sirènes et apercevons les gyrophares du cortège du gouverneur et du délégué du gouvernement. Défi relevé pour moi ! Le gouverneur et sa suite rentrent en salle tandis que nous sommes appuyés par le protocole d’Etat. La salle est occupée sur toutes ses 1500 places assises, et tous les couloirs de même que l’arrière de la salle sont bouchés de spectateurs débout.

LE SHOW S’ANNONCE CHAUD

La soirée proprement dite commence autour de 21 heures par un discours du président du CMLCP, l’inénarrable Maréchal Papillon. Après avoir inauguré avec lui une salle similaire un an plus tôt, la salle Arena de Bonamoussadi, environ 1500 places, le CMLCP a encore Papa Wemba dans les loges ce soir, aux côtés de ses frères et sœurs camerounais. Cette annonce de l’homme dans le français qu’on lui connaît, déclenche une euphorie dans la salle. Une salle flambant neuve, décorée de jeux de lumières, et ravitaillée par une sono high-tech que gère l’ingénieur de son Valery Nteppe.

Kouokam Narcisse passe. Il provoque des rires délirants dans le public. Afo Akom passe. Il fait lever de son siège le gouverneur Samuel Ivaha Diboua. Chantal Ayissi passe. Elle fait danser chaudement le délégué du gouvernement pourtant reconnu pour sa froideur. Ndédi Eyango passe. Il séduit par sa « fraîcheur » et sa maîtrise de la scène. Sam Fan Thomas, le roi du makassi, passe. Il confirme tout le bien qu’on dit de lui. Et Papa Wemba arrive. La réalisation donne en lumières, au plateau, les couleurs du Congo démocratique. L’homme qui a 66 ans y apparaît dans une tenue qui lui donne la quarantaine. L’orchestre reste le même, avec Aubin Sandjo à la direction. Papa Wemba se place sur ses deux jambes. Lève ses mains en signe de croix. De sa voix de tête qui fait le charme et la magie de son chant, le rossignol démarre en a capela. Le public est comme hypnotisé. Il peut ensuite faire de ce public ce qu’il veut : le faire chanter en chœur en lingala, le faire danser spontanément en synchronie, comme s’il s’agissait d’une chorégraphie de masse… Mais le show de Papa Wemba ne dure pas ce soir : à peine vingt minutes. Le public repart avec l’envie de le revoir sur scène avec tous les titres à succès qu’il lui connaît. En effet, nous sommes le 5 décembre 2015. Il y a donc cinq mois. Nous avons prévu que les choses soient faites ainsi. Car un spectacle, c’est aussi une question de gestion du temps.

Mais depuis que Papa Wemba est reparti de Douala le 6 décembre 2015, je n’étais plus en contact avec lui. Je n’ai pas imaginé que nous ne nous reverrions plus jamais. Je pensais même que nous nous reverrions encore, bientôt. Car en deux ans, 2014 et 2015, je l’avais reçu deux fois à Douala : la première fois à l’inauguration de la salle Arena à Bonamoussadi, la seconde fois à l’inauguration de salle Bocom à Yassa. Je reste ému depuis ce 24 d’avril 2016, quand sur ma tablette, je reçois l’information que ce dieu de la musique africaine est tombé sur scène en Côte d’Ivoire, au lever du jour.

HOMMAGE A PAPA WEMBA

Papa Wemba avait plusieurs voix au chant. La voix qui l’illustrera à jamais, c’est sa voix de tête. A côté de cette voix, j’avais classé celle de la très illustre voix camerounaise Bébé Manga, de regrettée mémoire, qui aura aussi marqué le temps. Cette voix de Papa Wemba est un fétiche qui a contribué au succès de sa carrière, et donné de la réussite au mille et un « featuring » qu’il a fait dans sa vie. Son air toujours jovial malgré son grand âge et sa « sapologie » font de lui un homme sans génération. Oui, Papa Wemba est un artiste inter et transgénérationnel. Il a chanté avec les artistes de toutes les générations de son temps. Papa Wemba est né Congolais. Il est devenu africain. Oui, il a fait des «  featuring » avec des chanteurs de plusieurs pays. Il a repris des chansons africaines. Il est intervenu artistiquement dans plusieurs pays d’Afrique pour manifester sa solidarité et illustrer son africanitude. Papa Wemba chantait la rumba comme il chantait le funk, il chantait le blues comme il chantait le ndombolo. Mais la rumba restera le rythme dont il aura écrit les plus grandes lignes de gloire. Loin d’avoir été seulement un chef traditionnel congolais, il restera un chef de la tradition africaine. Car il travaillait à préserver et faire préserver nos traditions musicales. On peut ainsi comprendre qu’il soit tombé sur la scène d’un festival international qui cherche ses marques en Côte d’Ivoire, promu par le célèbre groupe Magic System.

Sur scène, Papa Wemba savait allier douceur et rythme. Il savait conjuguer la parole et le son. Sa gestuelle constituait une mystique qui se décryptait à l’interprétation de ses paroles ou de sa musique. Sur scène Papa Wemba aimait se mettre en signe de croix, symbole de piété et de foi. Seul, il pouvait faire le spectacle. Il faisait les aigus, les mediums et les graves, avec perfection. En groupe, il pouvait faire le spectacle. Il était un orfèvre de la scène. Je ne peux pas croire que seul dans ses moments de repos, il n’était pas toujours en spectacle, ne serait-ce que dans sa tête. Car il était toujours prêt à offrir un spectacle alléchant, quel que fût le délai. Papa Wemba était un artiste de haut vol. Qu’il ait prédit comment il mourrait, me conforte dans l’idée selon laquelle les artistes sont des prophètes. Car un artiste est un créateur d’œuvre de l’esprit. L’esprit étant immatériel et atemporel, il a la capacité de plonger dans le passé ou dans le futur, tout en étant bien présent. Sa prophétie de sa mort me conforte dans l’acception que Papa Wemba était un dieu parmi les hommes. Nous, camerounais du Cameroun, Congolais du Cameroun, Africain du Cameroun, et citoyen du monde au Cameroun, lui rendons un vibrant hommage.

Il a terminé son parcours parmi les hommes comme il aura su pouvoir le terminer. Mais sa mort ne me semble pas être une vraie mort. Car seul son corps est inerte, qui est retourné à sa terre natal. Car ce qui en lui nous animait, son art, reste vivace. Ce qui en lui nous offrait ces chefs d’œuvre, son esprit, reste vivant. Oui, l’esprit de Papa Wemba est encore là « à planer », pour ne pas lui emprunter l’expression dans sa prophétie funèbre. Son esprit est encore là, à planer, autour de nous, partout en Afrique, partout dans le monde. Cela s’appelle, rentrer dans l’éternité. Merci mon dieu. Merci Papa Wemba. Mes adieux Papa Wemba, dieu d’Afrique !

Henri FOTSO

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