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CAMEROUN : IL NE RESTERAIT PLUS QU’ENVIRON 250 PYGMEES BEDJANG !

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◊  ACTUALITE > Environnement > → CAMEROUN : LUTTES INÉGALES CONTRE LES CATASTROPHES A YAOUNDE ET DOUALA

Douala et Yaoundé, les deux capitales (économique et politique) du Cameroun font régulièrement face aux catastrophes urbaines, qui sont tant naturelles que technologiques. Les thérapeutiques classiques ont montré leurs limites. Alors que Yaoundé a engagé la construction de gigantesques canaux de drainage pour renforcer la résilience de la ville vis-à-vis de ces catastrophes, Douala s’illustre par une débrouillardise légendaire qui donne cependant un espoir de solution aux déchets urbains en plastique. Notre dossier de la Rédaction présente ces efforts inégaux de lutte contre les catastrophes entre les deux villes phares du Cameroun .

DOUALA SOUS LA DICTATURE DES PLASTIQUES ET DES CATASTROPHES, MAIS DES INNOVATIONS TECHNOLOGIQUES EN PLACE

La déferlante des bouteilles plastiques dans la Vallée Saint-Thomas à Douala

Les drains de la ville de Douala sont régulièrement bouchés. Les autorités municipales ont beau curer les caniveaux pendant la saison sèche, la ville est toujours inondée à la moindre pluie. Le phénomène de blocage du passage des eaux est dû à l’étroitesse de certaines rigoles et surtout de la pollution par les bouteilles plastiques. Tantôt ce sont les bouteilles d’eau minérale, tantôt les bouteilles de boissons gazeuses et autres produits industriels .

« Cette année, nous en avons eu quatre : de très grandes inondations. Vous allez voir qu’à côté, il y a des matelas perdus qui viennent des maisons des gens. Ils les ont abandonnés parce que les matelas en ressorts comme ceux-là, on ne peut pas les utiliser quand ils sont inondés. Quand l’eau monte par ici, et ça fait quatre mois depuis le début de la saison des pluies, ça nous met mal à l’aise. Ça, je ne vous mens pas. Nous n’avons pas où dormir, jusqu’à ce que l’eau descende afin que nous réintégrons nos maisons et nos chambres. » Ce témoignage d’un habitant du quartier Saint-Thomas à Douala en dit long sur les ravages des eaux pendant la saison des pluies. L’offensive des bouteilles plastiques sur la ville de Douala, comme dans bien de villes du Cameroun, se transforme en effet en véritable casse-tête bantou, ou cauchemar, pendant la saison des pluies ici, confirme cet habitant surpris en train de bricoler un petit pont : « La dernière inondation a cassé le pont qui nous sert de passage entre les deux rives. Il faut qu’on le répare. » Mais son pont va-t-il tenir avec ces petites planches ? Pourquoi ne pense-t-il pas à un pont plus viable que celui-ci ? L’habitant répond sans ambages : « C’est nous-mêmes, avec nos petits efforts. C’est mon voisin et moi qui faisons ça. Ce n’est pas une affaire administrative. Nous ne faisons ça qu’à deux, mon voisin et moi. »

DES TENTATIVES DE SOLUTIONS ÉCOLOGIQUES PROMETTEUSES

Ici au lieu-dit Vallée Saint-Thomas, comme à 300 mètres au Carrefour Cité Des Palmiers, et ailleurs dans la capitale économique du Cameroun, les populations subissent ainsi un grave phénomène de pollution et de blocage du passage des eaux par les bouteilles plastiques. Ces bouteilles sont d’origines industrielles, vendues dans le commerce général et utilisées par les entreprises, les ménages et les individus. Les entreprises brassicoles et cosmétiques semblent occuper les premières places dans la chaîne d’utilisation de ces emballages solides. Tantôt l’ultime consommateur qui jette ces bouteilles à tort et à travers dans la nature n’est pas toujours sensibilisé sur les risques environnementaux qu’elles engendrent, tantôt c’est la logistique de récupération qui fait carrément défaut dans les villes camerounaises, comme ici à Douala. Les environnementalistes estiment pourtant que ces bouteilles plastiques pourraient être recyclées pour servir à nouveau. C’est le cas d’Arnold Kom, jeune chercheur et entrepreneur écologiste rencontré sur le terrain à Vallée Saint-Thomas : «  Ici, nous collectons les bouteilles plastiques qu’on retrouve dans le cours d’eau au Carrefour cité des Palmiers. Ici, on peut observer qu’il y a de nombreuses bouteilles plastiques qui obstruent les canalisations. Et c’est ça qui a causé dernièrement les inondations dans le quartier. »

Le jeune entrepreneur travaille en collaboration avec une organisation non gouvernementale, Madiba et Nature, qui valorise les bouteilles plastiques récupérées dans la nature, précise Arnold Kom : « En fait, les bouteilles qui seront collectées seront réutilisées pour en faire soit des pirogues écologiques que nous exploitons à Kribi, ville balnéaire, soit des fauteuils et des canapés écologiques que nous vendons sur le marché. A Yaoundé également, nous en faisons des poubelles écologiques que nous plaçons dans certains quartiers. Bientôt vous pourrez observer ces poubelles-là dans les coins de Douala aussi. » Aux côtés d’Arnold Kom, l’ingénieur Ismaël Essome, le promoteur de l’Ong Madiba et Nature, indique cependant que récupérer les bouteilles plastiques dans la nature au Cameroun en général, et à Douala avec ses plus ou moins 5 millions d’habitants en particulier, est comme rouler la pierre de Sisyphe, c’est-à-dire un éternel recommencement : « On a l’impression qu’ici, c’est un cercle vicieux. On a mille fois collecté les bouteilles, mais il y en a toujours par milliers. Avec les pluies l’eau augmente, le risque est énorme. »

Mais la jeune équipe de chercheurs et entrepreneurs ne voudrait pas s’arrêter en si bon chemin, souligne Ismaël Essome : « Donc nous allons collecter ce que nous pourrons. Nous allons valoriser ça pour en faire quelque chose d’utile pour la sensibilisation surtout. Au Cameroun, on a plus besoin de sensibilisation, parce que ce sont les populations qui jettent ça. Ça fait près de deux ans que nous travaillons ici et il y a toujours les bouteilles plastiques dans le cour d’eau. Mais nous aimerions vraiment que les produits que nous faisons soient valorisés. Plus la population les utilise, plus on pourra collecter les bouteilles, plus on pourra recycler, moins on aura ces problèmes. »

Depuis 2006 par ailleurs, Pierre Kamsouloum associe le sable et les déchets plastiques. Son business modèle est la gestion des déchets plastiques par la communauté. Cela a un impact favorable sur les communautés locales et l’évironnement, reconnaît aussi la revue scientifique britannique spécialisée Waiste Managment (www.elsevier.com/locate/wasman) qui souligne : « En transformant les déchets en ressources potentiellement précieuses, il peut également contribuer à résoudre la crise mondiale des déchets. » Ainsi le processus de fabrication et les propriétés mécaniques des pavés de Pierre Kamsouloum ont-ils été rapportés dans la revenue scientifique britannique sur la base de recherche systématique en laboratoire. Le titre de l’article de 118 pages signé de six auteurs est fort significatif : « Recycling waiste plastic in developping countries : Use of law-density polyethylene water sachets to form plastic bonded sand blocks (Recyclage du plastique dans les pays en développement : utilisation de sachets d’eau en polyéthylène de densité légale pour former des blocs de sable liés au plastique) » Les auteurs de cet article précisent : « le but de cette recherche était donc d’optimiser le processus de production à l’échelle du laboratoire et de déterminer les propriétés de ces matériaux afin de fournir des indications aux personnes travaillant sur le terrain en ce qui concerne les paramètres de production clés qui déterminent la performance. Dans ce travail, l’effet de la taille des particules de sable et du ratio plastique / sable dans le pavé est décrit. Les échantillons optimaux ont également été caractérisés pour leur comportement contrainte-déformation lors du chargement jusqu’à la rupture en lit. La conductivité thermique des échantillons est également rapportée.  »

Cette étude née de l’innovation technologique du jeune Camerounais Pierre Kamsouloum est un nouveau départ pour la revalorisation de ces déchets qui polluent les fonds marins, les villes et les campagnes. Car, écrit-on dans la revue scientifique, « les déchets plastiques sont devenus tellement omniprésents qu’ils menacent gravement les écosystèmes marins et la biodiversité. On estime qu’en 2010, entre 4,8 et 12,7 millions de tonnes de déchets plastiques ont été jetés dans les océans (Jambeck et al., 2015). Les océans se situent en aval des égouts, 60 à 80% des déchets marins sont en plastique et la mauvaise gestion des déchets est une cause majeure du phénomène de pollution par le plastique dans les océans (Grantham institute, 2016). »

Avec environ 5 millions d’habitants sur 25 Km2 700, soit 25700 ha, Douala connaît d’importantes précipitations dont la moyenne annuelle atteint 4000 mm d’eau. Son relief généralement plat ajouté à l’étroitesse des caniveaux et le blocage des drains par les bouteilles, entre autres déchets solides, font régulièrement objet de rapports de la part de l’Ong Partenership dont le président Pierre Chekem est amère : « Beaucoup de nos industries utilisent les bouteilles plastiques. L’ONU a prévu le principe du pollueur – payeur, ou encore pour être simple, celui qui produit un déchet doit se poser la question où finit mon déchet ? Qu’est-ce qu’il devient ? Comment je le gère ? Comment je le sors de la nature ? Mais chez nous le pollueur est roi et la population se débrouille comme elle peut. » Par la voix de Pierre Chekem, l’Ong Partenership est même pessimiste pour les tentatives de drainage observées dans la ville de Douala : « Les canalisations qui sont en train d’être faites dans la ville n’ont pas la profondeur suffisante, ni la largeur suffisante, compte tenu du volume d’eau à drainer. Quand vous comparez à ce qui est fait au niveau de Yaoundé, vous vous rendez compte que ce qui se passe à Douala c’est comme si on mettait les jouets dans les drains au lieu de réellement entrer en profondeur et faire un travail de fond qui pourrait durer cinquante ans sans poser de nouveaux problèmes. »

Des initiatives locales de récupération et de revalorisation des plastiques place. Un ruisseau de bouteilles en plastique dans le quartier Bilonguè à Douala.

Douala est une presqu’île située seulement entre 0 et 3 mètres d’altitude par rapport au niveau de la mer, et partiellement entourée de cours d’eaux continentales dont le principal est le fleuve Wouri. Cette position géographique de la capitale économique du Cameroun soulève de lancinantes questions environnementales chaque saison des pluies. Et c’est ce qui confirme la thèse de Pierre Chekem pour qui « l’Environnement n’a ni sexe ni parti, mais il est l’affaire de tous ».

Très grave aussi, la canicule dont souffrent les populations de Douala pendant la saison sèche qui court de novembre à février, faute d’espace boisés pour la ventilation de cette ville à forte concentration humaine. Mais à la Communauté Urbaine de Douala, institution abritant le super maire désigné par décret présidentiel, le délégué du gouvernement indique avoir lancé des chantiers de curage des caniveaux de la ville, et affirme y envisager des parcs boisés dans la ville, avec possibilités d’activités à valeur ajoutée.

Henri FOTSO

ETAT DES CATASTROPHES DANS LA VILLE DE DOUALA

Les bouteilles plastiques bloquant le passage des eaux sous un pont et causant des inondations entre Saint-Thomas et Cité des Palmiers à Douala.

Il s’agit dans la capitale économique du Cameroun, des catastrophes d’origine naturelle, des catastrophes sanitaires et des catastrophes technologiques.

1.1.1. Catastrophes d’origine naturelle dans la ville de Douala

La Direction de la Protection Civile (DPC) du Ministère de l’Administration territoriale, les médias nationaux et internationaux ainsi que les institutions de recherche révèlent que la ville de Douala a déjà enregistré plusieurs catastrophes naturelles entre 1901 et nos jours. Il s’agit notamment de :
- Tremblement de terre (séisme). L’unique épisode de tremblement de terre est enregistrée en 1908 au regard du rapport de la Direction de la Protection Civile. Les données disponibles n’intègrent pas la magnitude et les dégâts enregistrés. Il convient aussi de souligner que la ville de Kribi qui serait située sur le même socle à environ 169 km a déjà enregistré trois épisodes de magnitude 4,0 respectivement en 1903, 1987 et 2002 ;
- Glissement de terrain. La ville a déjà enregistré trois phénomènes de glissement de terrain respectivement en août 2009 au quartier Madagascar, près de la zone industrielle de Bassa, juillet 2014 à Logbessou (lieu-dit Dschang) et Maképè enfin en août 2007 à la Cité des palmiers ;
- Inondation. Les inondations sont régulières pendant la saison pluvieuse dans la ville de Douala. Il s’agit particulièrement des mois d’août de chaque année. L’épisode des 2 et 3 août 2000 est celle qui a retenu l’attention des autorités camerounaises. Elle avait en effet causé 03 morts, 02 disparus, 300 déplacés. Cette catastrophe avait été gérée par le Gouverneur de la région qui avait convoqué rapidement une cellule de crise, laquelle était coordonnée par son Chef de Cabinet.

D’autres sources indiquent que la ville reste exposée à d’autres types de catastrophe notamment les vents violents ou ouragans voire cyclones du fait de sa façade quasi-maritime.

1.1.2. Catastrophes sanitaires dans la ville de Douala

La catastrophe sanitaire récurrente dans la ville de Douala est l’épidémie de choléra. Entre 1970 et nos jours, la ville a déjà enregistré vingt-huit (28) épidémies de choléra. Les cas les plus graves sont respectivement ceux de 1971, 1972, 1983, 1985, 1997, 1998, 2004, 2005, 2011, etc... Entre 1971 et 2003, 9617 cas de choléra avaient été notifiés à Douala. Les données statistiques à partir de l’année 2003 sont dispersées et se présentent comme suit par poussée enregistrée :
- 2004, plus de 5000 personnes touchées. Les quartiers touchés sont souvent : Bépanda, Maképè, New-Bell. Le début de ces épidémies correspond habituellement à la saison sèche.
- 2005, 10000 personnes touchées,
- 2011, 5292 personnes touchées En 2017, neuf (9) cas suspect de choléra ont été détectés dans la ville de Douala précisément dans les districts de santé de New-Bell et de Deido. Les districts de santé de la ville de Douala sont équipés pour la prise en charge du choléra. Le Gouvernement à travers le ministère de la Santé publique, avec l’appui de ses partenaires que sont l’organisation mondiale de la santé (Oms) et l’Organisation des Nations Unies pour l’enfance (Unicef), a mis à la disposition de la région du Littoral des médicaments pour la prise en charge gratuite de tous les cas et des produits de traitements des points d’eau. Des équipes permanentes sont mises en place pour contenir l’épidémie. La population est sensibilisée sur la veille et la vigilance et des instructions sont donnés de conduire immédiatement dans une formation sanitaire, toutes les personnes présentant une diarrhée avec ou sans vomissements.

1.1.3. Catastrophes technologiques dans la ville de Douala

Parmi les cas de catastrophes d’origine technologique enregistrés dans la ville de Douala, il y a les crashes d’avion, les accidents de circulation routière et les incendies.
- Accidents d’avion (crashs) Douala a déjà connu deux (2) crashes d’avion. Il s’agit du crash de la CAMAIR du 3 décembre 1995 et de la Kenya Airways le 4 mai 2007. En effet, en 1995, le Boeing 737-200 assurant le vol Cotonou-Douala s’était écrasé durant la phase d’approche de Douala causant 71 morts sur les 76 personnes qui étaient à bord de l’appareil. S’agissant du crash de la Kenya Airways, l’avion, un Boeing 737-800 qui avait décollé de l’aéroport international de Douala par un temps orageux à destination de l’aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi (Kenya) avec 114 personnes, 105 passagers dont 34 de nationalité camerounaise, 9 membres d’équipage, s’était écrasé à Mbanga Pongo. Le bilan était de 114 morts et de nombreux dégâts matériels.

- Accidents de circulation routière Les accidents de circulation routière sont nombreux dans la ville de Douala. Ils mettent souvent en scène les véhicules avec les véhicules, des piétons, des moto-taxis (Ben-skin) etc. Les données statistiques sur les accidents de la circulation routière dans la ville de Douala ne sont pas disponibles. Les données régionales publiées en 2011 par l’institut National de la statistique, montre que le Littoral occupe dans le classement des accidents de la circulation routière, le deuxième rang après la région du centre en 2009.

Entre 2009 et nos jours, d’autres incendies se sont produites dans la ville de Douala. On peut citer par exemple des incendies de :
-  Mai 2010, incendie au marché central de Douala (New-Bell)
-  Avril 2015, incendie à la Communauté Urbaine de Douala,
-  Novembre 2017, incendie au palais du Roi Dika Akwa,
-  Décembre 2017 : incendie du marché de Nyalla (six boutiques consumées)
-  Janvier 2018, comprenant : l’incendie d’une concession au quartier New-Bell, à l’Université de Douala, et de l’usine de la Société FERMENCAM. Cette dernière a causé d’énormes dégâts matériels parmi lesquels, des bouteilles de vin, 7 maisons d’habitation situées près de l’usine, une école maternelle, du matériel de fabrication et un camion. Des dégâts matériels qui s ‘évaluent à des milliards de Fcfa.
-  Février 2018 comprenant : l’incendie de l’atelier de maintenance des transformateurs de puissance de l’entreprise ENEO à la base opérationnelle de Bassa, d’une concession à proximité de la station-service Total Logbaba, d’un établissement de commerce au quartier Bonapriso, et du marché Congo. Cette dernière ayant causé des pertes financières de l’ordre de 80 millions de FCFA.

Les résultats du retour d’expérience montrent que la Cameroun a déjà connu de nombreuses catastrophes. Il s’agit des tremblements de terre, des émanations de gaz toxique, des éruptions volcaniques, des glissements de terrain, des inondations, des épidémies de choléra, des accidents d’avion, des accidents de circulation routière, des accidents de train, des incendies, etc. S’agissant singulièrement de la ville de Douala qui accueille le projet Sawa Beach, elle a aussi connu des catastrophes et les plus significatives sont : les inondations, les glissements de terrain, les accidents d’avion, les incendies, les épidémies de choléra.

H.F.

LA COMMUNAUTÉ URBAINE DE YAOUNDÉ ENGAGÉE DANS UNE GUERRE FÉROCE CONTRE LES INONDATIONS

Une vue de l’Avenue Kennedy au centre ville de Yaoundé

Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, est située aux points de coordonnées : 3°46’ et 3°49‘ Latitude Nord et 11°26’ et 11°34’ Longitude Est. Elle est la deuxième grande ville du pays après Douala. Sa population est estimée à plus de deux millions cinq cent mille (2 500 000) habitants. Son relief accidenté est constitué » de bas-fonds et d’une succession de collines, d’où son nom mythique de « Ville aux sept (07) collines ». Sa pluviométrie qui tourne autour de 2000 mm d’eau / an renfloue de façon saisonnière son réseau hydrographique constitué du Mfoundi, principal cours d’eau qui la traverse du Nord au Sud, et de ses nombreux affluents. Yaoundé, cette ville subit annuellement plusieurs types de catastrophes dont la plus récurrente est l’inondation. Celle-ci la frappe au rythme moyen de trois (03) épisodes chaque année, plus précisément aux mois de mai, septembre et octobre. Il s’agit en effet d’un phénomène naturel, étroitement lié aux précipitations, qui correspond à une élévation du niveau des eaux d’une rivière ou dans un drain accompagnée de débordement par rapport au lit habituel d’écoulement. Le trop plein d’eau se répand dans les zones avoisinantes et endommage catastrophiquement les établissements humains. Ces catastrophes naturelles affectent environ 50 000 personnes directement et 250 000 personnes indirectement, chaque année, au cœur de la ville et dans les environs. Parfois, des enfants sont même emportés par les eaux en pleine ville, sur le chemin de l’école ou à l’occasion d’une promenade de quartier. Bien plus, ces catastrophes causent d’importants dégâts sur la santé de la population et sur les biens matériels. Les statistiques concordantes de l’année 2016 indiquent qu’à cause des inondations, la ville avait enregistré plus de soixante-dix (70) décès, cinquante-trois (53) disparus, quatre-vingt-huit (88) électrocutions et blessés, 1124 maisons détruites, 173 maisons endommagées et plus de 615 pertes en biens matériels. La valeur de l’ensemble des dégâts matériels est estimée à plus de 115 Millions de FCFA, soit 175 572 € ou 205 357,2 $ USD : une formidable somme qui ne pourra plus jamais être retrouvée !

Les principales causes

Les causes de ces catastrophes à répétition sont pourtant connues : l’étroitesse de certains drains, l’obstruction des drains avec les déchets solides, notamment les déchets domestiques ainsi que l’érection des constructions dans les zones de régulation des crues. De fait, les zones sinistrées sont généralement celles situées aux bords des cours d’eau. L’une de ces zones est celle dite « poste centrale » au centre administratif et commercial, point de rencontre de cinq (05) cours d’eau notamment : le Mfoundi, la Mingoa, l’Ekozoa, l’Ewoue et l’Abiergue. Après avoir appliqué sans succès des thérapeutiques tels que le curage des drains et la sensibilisation de la population, la Communauté Urbaine de Yaoundé et les Communes d’Arrondissement de la ville ont opté pour une solution de grande envergure : construire des infrastructures d’assainissement des eaux pluviales accompagnées des actions transversales. Le projet conçu est baptisé « projet d’Assainissement de Yaoundé phase 2 (PADY 2) ». Il ambitionne de réduire les inondations dans la ville de 3 cas par an en 2011 à 1 par an au terme de l’intervention, puis de minimiser les pertes en vies humaines, les atteintes à la santé humaine ainsi que les pertes matérielles. Il devrait également contribuer à réduire les maladies d’origine hydriques tels que le choléra dont la dernière épidémie à Yaoundé a été enregistrée en juillet 2018, le paludisme et la typhoïde entre autres affections endémiques dont les amibiases, en faisant passer leur taux moyen de prévalence de 11,84% à 5% pour le paludisme, de 2,7% à 1,05 % pour les diarrhées et de 3,06% à 0,5% pour la typhoïde. Enfin, le projet devrait renforcer les responsables des communes d’arrondissement, des membres des organisations de la société civile en matière d’hygiène et salubrité. Ledit projet est décliné en trois composantes : Le développement des infrastructures d’assainissement pluvial, la sensibilisation de la population sur l’Hygiène et la Santé, et l’appui à l’assainissement durable de la ville. Le développement des infrastructures d’assainissement pluvial comprend la construction de plus de 14 km de canaux de drainage sur la rivière Mfoundi (6 km) et sur ses affluents notamment l’Abiergue (1,5 km), l’Ewoué (1,9 km), la Mingoa (2,5 km) et l’Ekozoa (1,9 km) ainsi que plus de 17,5 km de voies de berge pour désenclaver les zones avoisinantes enfin l’aménagement des espaces verts. Les canaux construits sont de section trapézoïdale ou rectangulaire, d’une largeur moyenne de 17 mètres et d’une hauteur moyenne de 3,3 m. La sensibilisation de la population sur l’hygiène et la santé est centrée sur la diffusion des messages sur la problématique de l’hygiène et de la santé humaine au sein de toute la population de la ville à travers des campagnes de proximité. Elle est à travers des réunions communautaires, des affiches, des autocollants et des dépliants.

Les mauvaises pratiques

En effet, l’expérience avait montré que les citadins de Yaoundé avaient développé de mauvaises pratiques en ce qui concerne la gestion des ordures ménagères. Ils transforment les lits de cours d’eau en bac à ordures, les lits d’eau comme des stations de vidange des Water Closed (WC) et des eaux usées. L’appui à l’assainissement durable de la ville porte sur la mise en place des plateformes de gestion des déchets solides ménagers au niveau des Communes d’Arrondissement et surtout sur l’institutionnalisation de la pré-collecte des ordures ménagères dans les quartiers enclavés. En fait, les ménages de la ville affichent une paresse déconcertante en ce qui concerne l’acheminement de leurs déchets aux bacs à ordures et autres points agréés de collecte. Ainsi n’est-il pas rare de voir un habitant déverser des déchets domestiques sur la chaussée ou loin des lieux indiqués. Les mauvaises pratiques d’assainissement sont aux antipodes de la réglementation en vigueur relative à la gestion des déchets, la salubrité et la sécurité publique, notamment la Loi N°96/12 du 5 août 1996 portant loi-Cadre relative à la gestion de l’Environnement et le Décret N° 2012/2809 /PM du 26/09/2012 fixant les conditions de tri, de collecte, de stockage, de transport, de récupération, de recyclage, de traitement et d’élimination finale des déchets. Après la phase de conception du projet, laquelle comprenait les études techniques de faisabilité, la recherche du financement et la consultation des entreprises, la passation des marchés, celle de l’exécution a démarré en 2014 pour une durée de quatre (04) ans.

Une canalisation d’évacuation de la rivière Mfoundi au centre de Yaoundé

Entre 2014 et 2018, de grands canaux en béton armé sont sortis de terre sur le canal du Mfoundi et sur ses affluents (voir photo ci-dessus). Des voies de circulation bordent les canaux tandis que des plusieurs ponts permettent d’aller d’un côté à l’autre de l’ouvrage. Grâce aux canaux construits, le paysage de la ville s’est embelli. En effet, aux vastes zones couvertes de hautes herbes et d’eau stagnante ont succédé des voies carrossables bitumées, électrifiées, un grand canal qui contient les eaux. Les quartiers Mvan, Nsam, Briqueterie et Olézoa sont devenus des quartiers vedettes. En plus de la réduction des inondations, les autres effets enregistrés sont la réduction des congestions dans certains carrefours tels que Mvan, Nsam, Mvog-Mbi, même s’il est vrai que l’incivisme de certains conducteurs s’illustrent sur ces nouvelles voies par des excès de vitesse et des accidents parfois mortels. Enfin une bonne partie des zones marécageuses est récupérée. Ces terres serviront à la réalisation d’autres projets d’intérêt commun pour la ville. Les bonnes pratiques Des équipes d’animation sillonnent les quartiers et entretiennent la population sur les bonnes pratiques de gestion des ordures ménagères, l’entretien des ouvrages, la protection du patrimoine d’assainissement pluvial. A la suite des appels d’offre, les communes d’arrondissement ont attribué officiellement la pré-collecte professionnelle des ordures ménagères à des organisations de la société civile. La pré-collecte des ordures ménagères et le fait de transporter les déchets de la maison, donc du lieu de production au bac à ordures, c’est-à-dire au point de collecte par le service public. La professionnalisation de la pré-collecte offre la possibilité aux ménages de faire exécuter le service par des tiers contre paiement, d’où de nouvelles opportunités de travail. Ce projet est financé par la Communauté Urbaine de Yaoundé, les Communes D’arrondissement, l’Agence française de Développement (AFD), le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), la Banque Africaine de Développement (BAD) pour un montant d’environ 80 milliards de Fcfa (119 millions d’Euros). L’exécution des travaux d’infrastructures est assurée par des entreprises locales tandis que les actions de sensibilisation sont confiées aux organisations non gouvernementales locales. L’exécution de ce projet a entrainé le déguerpissement de nombreuses personnes sur les bords des cours d’eau en aménagement. C’était le prix à payer pour gagner le pari de la réduction de la catastrophe d’inondation dans la partie centrale de la ville capitale.

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La vue aérienne d’une canalisation d’eau à Yaoundé

Il importe toutefois d’étendre l’opération à l’ensemble de la ville, afin de renforcer durablement la résilience de Yaoundé aux catastrophes naturelles saisonnières. Il s’agit par exemple du reste du bassin du Mfoundi, du bassin de la Biyeme et du bassin de l’Abiergué.

Syriaque TALOM

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